J’avais rendez vous aux aurores avec une immaculée Italienne de 39ans, et son driver de quelques années son cadet. Une fois les
présentations faites, confortablement lové dans ses fauteuil au cuir patiné, GO EAST, non sans avoir fait une escale hallucinatoire Porte Maillot où nous attendait une troupe plein d’entrain. Une
E lightweight replica volait la vedette à une Bentley prewar qui éclipsait-elle même big healey, Lotus et Ginetta. Ces apparitions partirent en furie, suivie par une gracile MV Agusta, impatients
d’aller limer le bitume des Ecuyers. Sur un filet de gaz nous rattraperons le courageux et rafraichi équipage de la belle XI qui volait sur l’autoroute en véritable ORNI.

Après un agréable détour par les petites routes champenoises, nous fûmes assaillis par une vision rêvées sitôt l’entrée du circuit franchie, s’ajoutaient à nos compagnons de route des 35, des 51, des 275GTB, des Seven, Elva, Allard, XK, AC Bristol ou Cobra (au choix), monoplace Lotus, Racer, Lotus 9, MG Prewar à compresseur et bien d’autres, en somme un plateau d’une qualité, d’un éclectisme fou, le tout emmené par un aréopage de références.




Cessons la contemplation béate, l’action est sur la piste déjà prise d’assaut, certains sont prudents sur l’asphalte humide, d’autres s’en donnent à cœur joie, attaquant le couteau entre les
dents, notamment les E rouges. Chacun attend avec impatience son tour de manège, le choix est vaste, les sourires sont sur tous les visages.
Il est midi, heure de la pause, prétexte à une ballade dans la campagne champenoise jusqu’au château médiéval qui accueillera nos
agapes. Je troque la confortable italienne contre le rudimentaire baquet passager de la Ginetta. L’espace est compté, une Seven paraitrait presque spacieuse. La préparation du moteur le rend un
peu brutal, exprimant sa seule envie, grimper dans les tours.


Les plus jeunes restent sur l’herbe tandis que les plus anciennes pénètrent au sein de l’enceinte fortifiée. Le déjeuner passe vite et nous voici déjà de retour sur l’asphalte, l’occasion pour certains de vivre leur plus grande expérience automobile, voire plus grande expérience tout court en passager du pape de la Bugatti au volant de sa 35.
Les pilotes prennent confiance et haussent le rythme, quelques figures improvisées viennent récompenser les plus généreux. L’après
midi coule paisiblement au son des chevaux lâchés sur la piste. Mon compère fera quelques tours à vive allure dans une affutée Exige S1, ce qui lui permettra d’admirer de très prés les glissades
maitrisés des Bugattistes. La nuit approche, les fauves achèvent leurs ultimes tours, place maintenant à un apéro venu du nord, blonde, brune, ambrée, le choix est large, de toutes les façons
nous les gouterons toutes.


Sonne alors l’heure du dîner de gala, là encore l’éclectisme règne en maitre, du smoking au blue jeans. Nos hôtes eux n’auront su choisir, comme des garçons, c’est tenue de soirée sur jean basket. L’entrée en matière est vraiment chouette & mambon et nous prépare au joyeux festin. Forcement on parle beaucoup autos, virages & dérapages. On disserte sur les qualités de tel spécialiste puis on digresse les nectars aidant, le tout dans une ambiance potache des plus agréable.
Au tour des récompenses, best of show décerné à la splendide Lotus IX, mention spéciale aux pannes d’essence et un souvenir pour chaque table, pourquoi n’ai-je donc pas de remorque pour utiliser ces jolis feux ?
A mesure que les cigares sortent de leurs étuis, la piste de dance s’offres aux noceurs.
Tels de virils cendrillons nous devons regagner la capitale avant l’aube avec notre carrosse italien, laissant la soirée s’achever
pour les heureux qui resteront sur place. Je m’endormis dès les roues posées sur l’A4 pour me réveiller rue de Courcelles. Merci à mon pilote !

Rendez vous est déjà pris pour la prochaine édition de ce fantastique Jour d’Automne, avec cette fois une auto pour aller sur la piste et un lit pour rester sur place.
A 110 en route