C’était convenu depuis longtemps, nous vivrions Le Mans Classic 2008 en intégralité et de l’intérieur et non comme les éditions précédentes seulement picorées. Décision avait été prise de
s’associer au Blenheim Gang et à l’Ecurie Epicure pour profiter pleinement de l’événement.
Un Run était même organisé pour gagner le mythique circuit par les détours de routes départementales.
7 fiers et valeureux Team Mates se présentèrent à 8h au RDV fixé au pied du Parc de St Cloud. Rencontre de la
trentaine d’équipages engagés dans ce trip œcuménique. Départ dans les embouteillages pendulaires, nous abandonnons la 118 pour gagner une appréciée pause croissants. Maintenant totalement
réveillés, nous partons à l’assaut du sinueux asphalte de la Vallée de Chevreuse. Nous restons groupés derrière mon Elan qui ouvre prestement le bal tel un pararadar ! Soap est tout en
retenu, sa double paternité le rendrait elle raisonnable ?
Un bruit m’inquiète au ralenti, des relents de paranoïa m’envahissent, qu’arrive-t-il à mon Twin Cam ? Le son s’éloigne à mesure que j’accélère pour réapparaitre quand je
ralentis…cela ne vient donc pas de moi. Mon subit réconfort annonce l’inquiétude de mon suiveur. La black cat n’est pas au mieux.
Après avoir enfilé les virolos matinaux, quel plaisir d’arriver au Moulin de xxxx. Un bref répit au cours duquel
nous déjeunons bucoliquement et combattons nos naturels penchants grégaires.
Mais il faut repartir et gagner le but ultime de notre trip. Un convoi de Lotus s’organise et s’élance
promptement à l’assaut des gravillons. Je suis les 3 Seven et OEW de retour à la vie (quelle santé !), mais abdique faute de munition, la quête de ma dose de gazoline ne fut pas aisée. Nous
investissons de façon bien anarchique la place d'un petit village, une fraîche ration de Houblon venant récompenser tous ces efforts. Le reste de la troupe Vert Amande manque à l’appel. Se
serait-elle perdue sous l’effet conjugué de la chaleur et d’une solitude au moment de décrypter le road book.
Diffamation ! Ils ont juste profité de l’itinéraire pour passer chez SV laisser Black Cat en soin.
On repart et maintenant, direct au Mans, s’il vous plait !
En ce vendredi après midi, l’accès au circuit quoique tortueux est assez aisé, sous le tunnel une GT40 accélère
violement, mon pouls s’accélère, quel déchainement, je deviens sourd d’extase l’espace de quelques secondes !
Nous nous parquons sur notre espace dédié et partons avidement à l’assaut des paddocks. Ici règne l’opulence, de
autos rares à profusion, jusqu’à l’écœurement même. Il est impossible d’en faire un résumé tant les sens sont interpellés, on se tourne, se précipite, revient en arrière…on aperçoit deux DB4GT,
on se presse, en chemin on stoppe devant les Type D, quoi nous avons dépassé deux 250 GT SWB sans nous en rendre compte...et la rangée d’Eleven nous apparait d’une banalité...
Si je ne devais en retenir qu’une ce serait une AC Bristol sans doute pas la plus rare mais je suis amoureux de
cette auto, de ses formes qui sont magnifiées dans cette livrée bordeaux
Nous regagnons l’espace totalement repus quand soudain le plateau 5 nous coupe la route, le choc des autos en
mouvement à quelques centimètres, la Howmett à turbine, des Chevron, Porsche… et ébahis nous nous régalons de l’extraordinaire passage d’une Vincent.
C’en est trop, il nous faut nous réconforter, c’est l’heure de l’apéritif Blenheim/Epicure/Gaulade/Almond Green.
La sacrosainte Orval arrive du grand duché, les festivités débutent, nous ripaillons, mais nous devons bien trop vite nous éclipser afin de gagner notre étape nocturne nichée en pleine campagne.
Les Porschistes abandonnent leur chiffre fétiche sur le parking et 30 ennuyeux km de ligne droite et un chemin défoncé plus tard, nous sommes à destination.
Le parking ne contient que des anglaises et 4 sur 5 sont des Lotus, réjouissant isn’t it ?
S’en suit une soirée arrosée et animée de sujets d’une incroyable finesse, qui nous amènera à disserter sur les
vertus comparées de voyages à Pékin et à Amsterdam après les traditionnelles digressions automobiles. Je me couche, le week-end LMC 08 est déjà fini pour moi. Samedi matin aux aurores, je gagne
la côte de Granit Rose pour attendre patiemment l’arrivée de mon héritière.